Le Bilan des 1 an du Plan climat est sorti !
Publié 05-05-2026 par LilouPermalien
Le bilan des 1 an du Plan Climat de la Polynésie française est disponible ici !
Un territoire face à une double urgence
La Polynésie française est l'un des territoires les plus vulnérables face au changement climatique : composée à 98 % d'océan et d'îles basses, elle cumule des expositions multiples dont les effets sont déjà mesurables. Les températures ont augmenté de +1,1 °C depuis le milieu du XXe siècle — jusqu'à +1,55 °C dans les Îles de la Société — et pourraient atteindre +1,6 °C en milieu de siècle selon la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique (TRACC). Le rythme d'élévation du niveau de la mer s'est accéléré à 3,3 mm/an depuis 1990 : d'ici 2050, l'aéroport de Faa'a pourraient exposé à des submersions annuelles. Les lentilles d'eau douce des atolls sont menacées par la salinisation. Selon le GIEC, 80 % des coraux seraient détruits dès 1,5 °C de réchauffement, menaçant les ressources halieutiques et la protection des côtes. Dans le même temps, l'empreinte carbone polynésienne atteint 12,3 tCO₂e/hab — son plus haut niveau historique, soit six fois l'objectif des Accords de Paris. Face à cette double urgence, le PCPF agit sur deux leviers indissociables : s'adapter aux impacts déjà inévitables pour protéger les populations et les écosystèmes, et réduire les émissions, notamment pour renforcer notre résilience et réduire notre dépendance à l'extérieur.
Ce qui a été fait
En un an, les fondations ont été posées. Le PCPF a été adopté à l'Assemblée en décembre 2024. Quatre postes dédiés au climat ont été créés au sein de l'administration, dont un chargé de mission adaptation à la DIREN. Les instances de gouvernance ont été relancées et la coordination a été renforcée avec la création d'un comité de coordination interministérielle via lequel la priorisation des actions ministérielles a été engagée. Sur le volet adaptation, une assistance technique dédiée a été mobilisée pour renforcer le volet adaptation au changement climatique du PCPF. Une étude anthropologique sur la perception du changement climatique a été lancée sur cinq archipels, posant les bases d'une communication adaptée aux réalités culturelles du Pays.
Ce qui préoccupe
Le taux de réalisation global du plan d'actions s'établit à 14 % seulement. Sur 214 actions, seules 83 apparaissent comme démarrées dans la plateforme de suivi — contre 146 qui auraient dû l'être selon le calendrier prévu. Ce chiffre est à nuancer : il reflète en partie un défaut de renseignement de la plateforme de suivi plutôt que l'absence réelle d'actions engagées. Il n'en demeure pas moins que le plan d'actions doit s'accélérer et s'étoffer, et que la rigueur de reporting des coordinaeurs doit être significativement améliorée pour permettre un pilotage fiable.
Les décisions prises au COPIL 4 (mars 2026)
Quatre décisions structurantes ont été actées : Priorisation des actions par chaque ministère et intégration dans les feuilles de route des services, définition du PAP et du RAP comme temps forts annuels de mise à jour du PCPF, validation de la stratégie de fin de mandat, mise à jour du plan d'actions intégrant de nouveaux projets, notamment sur l'adaptation. Quatre arbitrages ont été renvoyés en Conseil des ministres : suivi de la qualité de l'air, évaluation du FRPH, impact santé des PPN, et intégration de critères d'adaptation au changement climatique dans le SAGE
Ce qu'il faut faire maintenant, quatre priorités pour les 12 prochains mois :
- Changer de vitesse sur la mise en œuvre : Intégrer les actions de haute priorité dans les feuilles de route des services et tenir les engagements de priorisation actés au COPIL 4.
- Opérationnaliser le volet adaptation : L'assistance technique doit produire ses premières trajectoires sectorielles d'ici fin 2026 en lien étroit avec les services concernés.
- Améliorer le reporting : La fiabilité du suivi du PCPF est une condition indispensable à un pilotage efficace. L'actualisation régulière de la plateforme de suivi, adossée aux cycles PAP et RAP, doit devenir une pratique systématique dans chaque ministère.
- Rendre le PCPF visible et approprié : Le plan de communication doit être finalisé et déployé dans les archipels. C'est la condition pour que les transformations portées par le plan — dans la mobilité, l'alimentation, l'énergie, la gestion du littoral ou de la ressource en eau, etc — s'inscrivent durablement dans les pratiques de l'ensemble des acteurs du Fenua.
Ce bilan est contrasté, mais lucide. Les fondations sont là : l'équipe, la gouvernance, les engagements politiques, les financements. L'ambition de la stratégie de fin de mandat n'est pas de recommencer à zéro, mais de changer de vitesse. Les leviers à actionner : sobriété, mobilités, transition alimentaire, adaptation du littoral, aménagement, supposent des changements profonds qui ne se décrètent pas, mais s'accompagnent et se co-construisent avec l'ensemble des acteurs du Fenua. Ce qui manque encore, c'est la vitesse d'exécution. La prochaine année devra en apporter la réponse.

Aucun commentaire n'a été posté.
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster des commentaires. Si vous disposez d'un compte, authentifiez-vous. Vous pouvez aussi créer un compte.